En tant que dĂ©veloppeurs/dĂ©veloppeuses, nous avons tous actuellement un petit coup de blues. D’un cĂ´tĂ© notre curiositĂ© technique nous pousse Ă explorer le potentiel des IA et cette rĂ©volution nous semble fascinante, mais de l’autre, les articles de journaux listent Ă n’en plus finir les mĂ©tiers que l’intelligence artificielle va remplacer – avec le dĂ©veloppeur en tĂŞte de liste. J’ai donc demandĂ© son avis au premier intĂ©ressĂ©, chatGPT, et sa rĂ©ponse a listĂ© des points d’une pertinence surprenante.
L’avis de ChatGPT sur la disparition du mĂ©tier de dĂ©veloppeur
ChatGPT: “L’avancĂ©e de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies de l’automatisation a suscitĂ© de nombreuses inquiĂ©tudes quant Ă l’avenir des emplois, notamment ceux des dĂ©veloppeurs. De nombreux experts en technologie et observateurs ont prĂ©dit que les IA pourraient Ă©ventuellement remplacer les dĂ©veloppeurs, mais la rĂ©alitĂ© est bien plus nuancĂ©e. Dans cet article, nous allons explorer pourquoi les IA ne remplaceront pas les dĂ©veloppeurs, mais plutĂ´t les soutiendront dans leur travail.
- La crĂ©ativitĂ© humaine est irremplaçable : L’une des caractĂ©ristiques les plus prĂ©cieuses des dĂ©veloppeurs est leur capacitĂ© Ă penser de manière crĂ©ative. La programmation ne se limite pas Ă suivre des instructions. Les dĂ©veloppeurs conçoivent des solutions innovantes pour rĂ©soudre des problèmes complexes. Les IA sont excellentes pour automatiser des tâches rĂ©pĂ©titives, mais elles ne peuvent pas rivaliser avec l’intuition et l’ingĂ©niositĂ© humaines.
- Les dĂ©veloppeurs sont des rĂ©solveurs de problèmes : La programmation consiste principalement Ă rĂ©soudre des problèmes. Les dĂ©veloppeurs ne se contentent pas d’Ă©crire du code, ils identifient les problèmes, proposent des solutions, optimisent les performances et s’adaptent aux changements de besoins. Les IA peuvent aider Ă dĂ©tecter des erreurs et Ă automatiser certaines tâches, mais elles ne peuvent pas remplacer l’ensemble du processus de rĂ©solution de problèmes.
- La communication humaine est essentielle : Les dĂ©veloppeurs interagissent rĂ©gulièrement avec les clients, les gestionnaires de projet et d’autres membres de l’Ă©quipe. La communication est cruciale pour comprendre les besoins, expliquer les progrès, rĂ©soudre les conflits et garantir que le logiciel rĂ©pond aux attentes. Les IA ne peuvent pas Ă©galer la communication et la comprĂ©hension humaines.
- L’adaptabilitĂ© et l’apprentissage constant : Le domaine de la technologie Ă©volue rapidement. Les dĂ©veloppeurs doivent constamment acquĂ©rir de nouvelles compĂ©tences et s’adapter Ă de nouvelles technologies et mĂ©thodologies. Bien que les IA puissent aider Ă automatiser certaines parties du processus d’apprentissage, elles ne peuvent pas s’adapter aussi rapidement et efficacement que les dĂ©veloppeurs humains.
- Les valeurs Ă©thiques et morales : Les choix Ă©thiques sont de plus en plus importants dans le dĂ©veloppement de logiciels, notamment en matière de confidentialitĂ©, de sĂ©curitĂ© et d’impact sur la sociĂ©tĂ©. Les dĂ©veloppeurs jouent un rĂ´le essentiel en veillant Ă ce que les dĂ©cisions prises lors de la conception et du dĂ©veloppement tiennent compte de ces considĂ©rations. Les IA n’ont pas de conscience morale et ne peuvent pas prendre de dĂ©cisions Ă©thiques.”
Les problèmes incontournables: propriĂ©tĂ© intellectuelle, manque d’innovation, biais algorithmiques…
CrĂ©ativitĂ©, communication, Ă©thique, adaptabilitĂ©… ChatGPT soulève d’excellents arguments. J’en rajouterai quelques-uns de plus dans la catĂ©gorie problèmes. Utiliser une IA s’accompagne d’un lot de questions complexes pour lesquelles il y a actuellement, bien peu de rĂ©ponses claires. Tout d’abord, il y a les problĂ©matiques de confidentialitĂ© et de propriĂ©tĂ© du code qui font hĂ©siter les entreprises Ă partager leurs secrets et connaissances avec des fournisseurs tiers, souvent amĂ©ricains, aux pratiques commerciales agressives et pas toujours très respectueuses des règles de l’UE. Et se pose la question du code gĂ©nĂ©rĂ©, qui en a la propriĂ©tĂ© ? Etant gĂ©nĂ©rĂ© par une machine ce code Ă©chappe Ă toute notion de droit d’auteur et, selon les pays, on peut mĂŞme considĂ©rer qu’il appartient aux dĂ©veloppeurs qui ont crĂ©e l’IA plutĂ´t qu’Ă l’entreprise qui l’utilise. Lorsque ce point sera Ă©clairci, peut-ĂŞtre nous rĂ©veillerons nous tous un matin en rĂ©alisant que les sociĂ©tĂ©s ChatGPT ou Microsoft (Copilot) possèdent dĂ©sormais tous les logiciels et applications de la planète…
Une autre question est la conséquente « stagnation » de ce code. En effet, imaginons un futur où l’intelligence artificielle est la seule qui produit du code, le métier de développeur.se n’est plus. Elle n’aura, pour l’alimenter, que les algorithmes initiaux qui lui ont été fournis et elle produira du code à partir de cette base, toujours le même type de code, à l’infini, l’IA étant incapable d’innovation. Quand on regarde les évolutions des langages et des technos ne serait-ce qu’au cours des dernières années, pour répondre aux nouvelles problématiques de notre monde (iot, big data, cloud, écoconception…), une stagnation, l’absence d’innovation, serait la mort de l’informatique à plus ou moins long terme.
Un point à ne pas négliger est également le risque de biais algorithmique (abondamment détaillé dans le livre le job de dev).
Enfin reste la question complexe de l’impact environnemental de ce nouvel outil, très demandeur en datacenters Ă©nergivores.
Si l’IA ne va pas remplacer immĂ©diatement le dĂ©veloppeur, sa prĂ©sence bouleverse dĂ©finitivement notre mĂ©tier et les annĂ©es Ă venir seront cruciales pour comprendre exactement les impacts de ce nouvel outil.